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Les étapes du Nord


L'approche

          Nous partons au Maroc avec notre voiture. Cela ne présente aucun danger, sinon les aléas habituels de la route. Donc, si on roule comme en vacances, il n'y a aucune raison que cela ne se passe pas normalement.
          Nous quittons donc Vittel à 8 heures du matin pour arriver à Algésiras à l'heure qui conviendra à Allah ! (Prenons tout de suite les bonnes habitudes !) Théoriquement, il y en a pour deux jours de voyage : première étape à Perpignan, deuxième étape : les colonnes d'Hercule.

          Nous voyageons cette année dans une auto toute neuve : elle a 1000 km au moment du départ. C'est un Land Cruiser Toyota. A 4, nous aurons plus de place que dans le Terrano. Ce n'est qu'une excuse qui nous a fait casser notre tirelire pour ce véhicule des plus confortables sur route, sur autoroute et ... sur piste. La décision fut tellement rapide que nous n'avions pas eu le temps de prévenir nos compagnons de route.

          Le trajet c'est passé sans encombre. Sauf peut-être le diner en Espagne. Nous avions promis une paëlla comme je ne vous dis pas. Seulement, la route a évolué, le restaurant a changé de propriétaire. Le nouveau est sympa comme une porte de prison. Nous y sommes arrivés trop tôt, les Espagnols dînent très tard. Alors, nous nous sommes retrouvés à manger une pizza à Gadix !

          Nous sommes arrivés à Algésiras vers minuit. La file d'attente au port était vide. Nous nous sommes retrouvés les premiers dans le ferry. Le départ a donc été immédiat, avec un bateau chargé à 10% de sa capacité.

          Cette fois, nous devons assumer une cérémonie spéciale pendant la traversée du Détroit de Gibraltar : un ami marin de Bernard, décédé quelques semaines avant notre voyage, souhaitait que ses cendres soient dispersées dans le détroit. Ce qui fut accompli à 3h 15 exactement. Compte tenu de la durée du voyage, nous étions vraisemblablement à mi-chemin entre Algésiras et Tanger.
          Paix à l'âme du défunt. Qu'il repose là où il l'avait souhaité depuis ses passages à bord de navires da la Marine Nationale.

          Ce voyage nous a donc déposé à Tanger juste avant le soleil .


Tanger

          Le temps de passer la douane, ce qui est toujours très long, nous avons abordé la ville aux premiers rayons de soleil.

          Que faire en attendant que la ville s'éveille ? Le Café Parisien, flambant neuf, est ouvert. Cela permet déjà de satisfaire quelques besoins biologiques, dont prendre un bon petit déjeuner. En fait, depuis que nous venons en voiture par Tanger, c'est notre première halte réparatrice. Alors, trouvons un distributeur pour avoir des Dirhams tout frais et allons profiter du petit déjeuner.
          Nous avons avalé 2200 km. Nous avons passé une nuit blanche sur le ferry, même si on a somnolé un peu. Une collation est vraiment la bienvenue.

          Donc, nous goûtons nos premières minutes en territoire marocain, dans la sérénité des premières heures du jour, au milieu de gens encore pleins de sommeil. La rue a changé : des travaux ont été effectués dans les immeubles qui bordent la colline.

          Nous devons passer une nuitée ici, avant de partir vers le Sud. Oui, mais quel Sud ? le Sud de l'Atlantique, vers Rabat et Casablanca ou le Sud dans les terres, vers Meknès et Fès. Nous avons toute la journée pour le décider. Et même si, demain matin, nous décidions de modifier le circuit, nous aurons encore le temps de changer. Nous pouvons hésiter jusqu'à Larache. C'est là l'aiguillage.
          En attendant, prenons notre hôtel et allons nous distraire.

Détroit de Gibraltar - Cap Malabata

          Il existe une côte magnifique, de ce côté du détroit : les montagnes qui culminent à 500 ou 600 mètres d'altitude, tombent dans la Méditerrannée en côte toute escarpée, verdoyante, avec un habitat dispersé du meilleur effet.

          Nous allons visiter cette région «hors circuit», touristique, bien entendu. Comme cela nous est déjà arrivé, nous nous égarons dans une petite crique qui se répend en une magnifique petite plage. Puisque nous ne sommes pas sur les routes à toutous, la plage est pratiquement vide : quelques autochtones seulement, encore moins d'Européens. Peut-être 30 personnes en tout.
          Nous nous installons pour un bain de soleil et un bain de mer puisque la température de l'eau est commestible.

Séquence Thalassa

          Quelques minutes après notre arrivée, une animation se développe : des bateaux sont préparés pour aller en mer. Des gens arrivent et suivent les ordres d'un vieux monsieur (Attention, nous avons déjà vu des hommes vieux qui ont 20 ans de moins que nous !). Un grand filet est monté à bord d'une embarcation. Il est jeté à 500 ou 600 mètres de la côte.
          Les bateaux reviennent et laissent filer deux câbles à une centaine de mètres l'un de l'autre. Puis, les hommes commencent à haler les brins. Doucement. Les aident arrivent. Il y a de plus en plus de monde pour tirer. Beaucoup de gamins. Le viel homme donne toujours ses ordres. Tout le monde écoute, obéit.
          Au bout de vingt bonnes minutes, le filet apparaît. Il faut encore plus d'effort pour le sortir de l'eau. Il est bien gonflé. Il faut tirer dur.

Pêche à Malabata. cn0117n   Pêche à Malabata. cn0118n

          Le filet est enfin sur le sec. On peut l'ouvrir. La réjouissance des quelques dernières minutes retombe brusquement : le couperet est tombé : le viel homme a décidé : les poissons sont trop petits. Il ne doivent pas être prélevés !
          Une heure d'effort est tombée à l'eau. Peut-être 500 kg de sardines gisent là, la panse au soleil, blessées par la capture, séchées par le soleil, piétinée par les quelques hommes qui cherchent à sauver un peu de la pêche. Seulent quelques baugeottes seront conservées pour cuire au barbecue. Le reste va être rejeté à la mer. Pour sauver l'espèce, paraît-il ? Mais, parmi tous ces petits poissons, combien ont été tués, combien ont été blessés ? Combien seront encore assez vigoureux pour se remettre du choc et attendre d'être assez grand pour refaire le crutial voyage ?
          Peut-être est-ce bien de protéger les espèces en limitant la taille des prises. Pour une truite prise dans le Verdon par une fine mouche, qui sera remise à l'eau avec plein de caresses pour la «destresser», qui survivra pendant des années, combien de petites choses frétillantes auront la vie sauve, quoi qu'en pense le Législateur de cette anomalie ?
          La seule chose certaine, c'est justement que ce Législateur n'a pas vu une pêche comme celle-ci se dérouler. Ce n'est pas la faute des pêcheurs. C'est leur métier. Ils l'on pratiqué dans les règles de l'art. Seulement, voilà, les prises sont trop petites. Elles ne sont donc pas commercialisables.

          Est-ce que la Nature y a gagné quelque chose ? Je ne saurais le dire. Pour autant, les pêcheurs eux, y ont perdu.

          Quant à nous, touristes, nous voulions voir des évènements. Nous en avons vu. Nous ne sommes pas encore au Maroc depuis une demi journée et nous avons déjà vécu un moment fort. Cela promet !


Pêche à Malabata. cn0119n Pêche à Malabata. cn0120n

Premier vrai repas au Maroc

          Nous souhaitons fêter notre arrivée par un bon repas ce midi. Nous nous souvenons d'un resto quelque part sur la côte, en direction de Ceuta. Nous longeons donc la Méditerrannée jusqu'à retrouver le site : cela ressemble à un port breton dans sa crique. Mais, il n'y a pas de marée. En revanche, le restaurant est à conseiller. En plus d'un voyage admirable de bout en bout, on déjeune très bien dans un lieu où la sympathie du patron n'a d'égale que la qualité de la vue depuis la terrasse surplombant le petit port.
          Le port doit s'appeler Ksar es Seghir . Il est courru par les gens du pays, sinon par les touristes étrangers. Il nous semble que tous les convives ne viennent pas ici pour la première fois. Donc, gage de qualité, ce qui est confirmé par le Routard.

Visite de Tanger

          Après un bon déjeuner, nous allons visiter Tanger : vielle ville, ruelles de la médina. Pour m'y être embarqué plusieurs fois en voiture et avoir été prisonnier d'une circulation inimaginable, nous allons à pied. C'est bien plus rapide, surtout si on n'est pas pressé.
          Les rues sentent bien le commerce local : petites échoppes grandes comme des boites d'allumettes, cacophonie permanente entre les piétons qui sont obligés de marcher sur la chaussée et les voitures qui voudraient bien avancer. Bernard et Claude comprennent pourquoi je n'ai pas voulu venir en voiture.
          Malgré tout, cela n'a rien à voir avec les souks de Marrakech ou les ruelles de Fès. Cela donne un petit avant-goût. Cela prévient de ce qu'on trouvera plus tard.

          Notre bref passage nous confirme que si les grandes cités touristiques sont plus au sud, nous avons vraiment tort de ne pas considérer cette ville et cette région comme un but de séjour au Maroc. S'il reste ici une odeur de ville franche, donc pas tout à fait marocaine, il reste tellement de choses à voir, à pratiquer, à partager.

Fin de la première journée, riche en émotions

          Nous terminerons la première longue journée par un dîner des plus local de ce côté-ci du détroit : une paëlla ! Un magnifique restaurant espagnol, tout près de l'hotel Rambrandt propose ce genre du cuisine.
          Nous seulement nous passerons une bonne soirée, mais nous récidiverons au retour !


          Autres images de Tanger :

Asilha

          Comment peut-on aller vers le sud et ne pas s'arrêter dans ce petit joyau ?
          Nous aimons passer quelques heures dans ces ruelles si propres, au calme extraordinaire. Même de jeunes marocains exhubérants deviennent discerts à notre passage. Presque trop policé ? Si tout le Maroc était comme cela, le pays perdrait 95% de son intérêt. Mais, un site aussi étrange, cela réhausse le plaisir.

Le marchand de lunettes

          Nous décidons de nous installer à une terrasse. Naturellement, à peine sommes-nous assis qu'un marchand ambulant vient nous faire l'article. C'est un jeune étudiant qui cherche à se faire des sous en vendant des articles de contre façon pendant ses vacances. Il nous propose des montres et des lunettes.
          A force de discussion, nous nous laissons faire pour quelques montres. La mise à prix est exorbitante : de l'ordre de 30 ou 40 Euros pièce. La palabre est telle que nous obtenons les articles à des prix horribles pour le vendeur : 5 euros ! Je pense que s'il n'a pas réagit après sa première vente, il a du terminé la saison ruiné ! Mais, laissons leur la principale qualité qui anime les marocains : ils sont de redoutables commerçants !

Les images de la petite fille.

          Lors de notre dernier passage, au retour du voyage de 2003, au détour d'une ruelle de la médina, j'ai rencontré une fillette d'une dizaine d'années qui m'a proposé de la prendre en photo. Une telle aubaine ne se refuse pas. C'est tellement difficile d'obtenir l'assentiment des sujets partout ailleurs ! J'ai promis de lui faire parvenir les photos lors d'un prochain passage.
          Naturellement, je n'ai pas retrouvé la fillette. Je ne l'aurais certainement pas reconnue. En revanche, j'ai trouvé trois gamines à qui j'ai proposé de reconnaitre l'image. C'était des copines. Alors, j'ai laissé les photos. J'espère qu'elles les lui auront effectivement données.

Ruelle à Asilha. c146002 Peinture des maisons à Asilha. c146054 Ruelle à Asilha. m0278n

Les marchands de melons

          Au sortir d'Asilha, sur la route de Larache, nous rencontrons les marchands de melons. Depuis que l'autoroute est ouverte, il n'y en reste presque plus. Nous nous arrêtons. Et la palabre recommence. Bernard et Claude s'amusent au maximum !
          Nous allons donc manger nos premeirs melons d'eau. Il ne nous en reste plus que 200 ou 300 à manger avant la fin du séjour !

          Autres images d'Asilha

Volubilis

          Nous arrivons au moment du choix vital : Atlantique ou intérieur ? La question n'est pas encore résolue complètement, même si le choix de l'intérieur prédomine depuis hier soir.
          A l'arrivée à Larache, je passe volontairement en ville. Quand nous arrivons au carrefour, nous décidons définitivement d'aller tout droit. En avant pour Volubilis et Fès !

Le site romain

          La visite de ces vestiges sont une étape essentielle dans un voyage au Maroc. La contrée était connue des romains. En fait, nous avons les mêmes ancêtres : entre les gaulois et les romains, c'est blanc bonnet et bonnet blanc ! L'architecture des maisons actuelles du Maroc sont fortement calquées sur les plans romains : un riad n'est qu'une maison romaine construite bien après les Romains. Les arcades le long des façades pour abriter de la chaleur existaient déjà, etc.


Volubilis. c146254 Volubilis. c146224
          Le site est toujours aussi féérique. Comment peut-on retrouver toutes ces constructions après 2000 ans ?
          Même si les fouilles se font à petit pas, il y a tellement de choses à voir que d'une année à l'autre, on découvre des points nouveaux. On revoit des endroits avec plaisir.

          J'ai laissé aussi des photos d'il y a 2 ou 3 ans à des guides en leur demandant de les distribuer. Ils ont aussi promis de le faire.

          Note : Marie a oublié de recueillir un chardon !


          Autres images de Volubilis

Volubilis. m0280n

Notre première ville impériale : Fès

          Nous ne prenons pas de risques : nous descendons à l'Ibis. Il est facile à trouver : près de la gare. Nous connaissons l'hôtel : pas de surprise désagréable à attendre.

          Le seul petit ennui que nous rencontrons en ville : les petits taxis ne prennent que 3 adultes maximum. Mais, comme un grand taxi nous demande trois fois le prix d'un petit, nous prenons l'habitude de voyager dans deux petits taxis ! Simple question d'arithmétique !


          Nous n'avons pas un bon souvenir de cette ville : tourista, perte d'un film, difficulté de se repérer dans la circulation, etc. Alors, pour ne pas avoir tous les ennuis, nous décidons de ne voyager qu'en petit taxi : cela a l'avantage de ne pas coûter cher et d'arriver à destination sans utiliser la boussole.
          Si le premier soir, nous n'avons que dîner dans un restaurant de la grande rue, à peu près en face de la poste, le lendemain, nous avons bien profité de la ville. Nous sommes allés à la porte bleue. Et de là, nous sommes descendus tranquilement jusqu'au bas de la colline ... en assistant à toutes sortes de phénomènes de la vie quotidienne, du panneau de code de la route introuvable en France aux sculptures typiques dans les plâtres des monuments.

Du code de la route. c147044 Platres travaillés dans une école coranique. c147254

          La solution de descendre cette rue qui n'en finit pas est judicieuse : si on observe, on rencontre des tonnes de scènes de vie quotidienne, de l'ouvrier qui sculpte au livreur de boutilles de gaz, en passant par le meunier, etc, etc.

De vrais artistes... c147114 ... Et avec quels moyens ! c147174

          La différence avec Marrakech est grande. Dans la ville rouge, surtout si on ne s'y enfonce pas trop loins, les souks ne sont que la visite de boutiques de vente de tous les produits destinés à priori aux touristes et non aux autochtones. En revanche, à Fès, la rue n'est pas spécialement une rue dédiée au commerce avec les étrangers ; c'est une rue remplie de toutes les activités normales d'une rue de ville.
          Il y a peu de touristes. On rencontre donc beaucoup plus les gens d'ici qui animent des activités typiques, du boulanger qui ne fait que cuire les pains apportés par les femmes oules enfants, aux livreurs de toutes denrées écrasant les pauvres mulets qui n'en peuvent plus.
          Cette promenade nous a réconcilié avec cette ville. Nous avons vraiment passé une très bonne matinée.

          J'ai oublié de dire : pourquoi des ânes pour transporter toutes les marchandises ? Parce qu'une voiture ne peut pas circuler dans ces rues étroites, sinueuses, pentues. Même une charrette à bras ne passe que très difficilement dans les rues en escalier. Et la tirer serait un travail de forçat.

Livraison du gaz. c147184 Les toits de Fès. c147264

          Nous avons déjeuné dans un restaurant typique. Nous étions déjà venus. Le couscous était comme là-bas, dis !
          La journée s'est terminée par un tour de la ville en voiture. Nous nous sommes arrêté dans une poterie. Le chef d'atelier s'est fait un plaisir de nous expliquer tout son art et son savoir faire. Pour Bernard qui soigne ses fours de verrier toute l'année, la découverte des fours rudimentaires de la poterie l'a laissé très interrogateur. Avec si peu de moyens, que ne font-ils pas ?
          Eh, oui, ils sont pauvres, ils n'ont rien, qu'ils disaient au nord de la Méditérrannée ! Attendons un peu : ils ont ce que nous n'avons plus : le savoir faire ! Cela vaut toutes nos soit-disant fortunes !

          Voici un jeune ouvrier qui apprend encore à tailler des bouts de cailloux gros comme des petits pois. Voici tous ces outils : un marteau affuté comme un rasoir et une sorte de petite enclume qui ressemble à un fer à rebattre les faux. Quant aux conditions de travail que les syndicats disent si médiocres en France, ce jeune passe toutes ses journées assis à même le béton du sol, en tailleur, et ce, pendant des heures et des heures. Et pourtant, il est heureux : il apprend un vrai métier !

          La pub est volontairement gratuite, en remerciement de l'accueil qui nous a été réservé. C'etait certainement le même accueil que pour tous les autres visiteurs qui n'arrivent pas en autobus. Mais, c'est cela aussi l'art de l'hospitalité au Maroc.

Jeune tailleur de zeliges. c147354 C'est de la pub. c148064

          Voici un résumé de la poterie : de la terre, un bon feu, et des articles ! Oui, mais, avac un énorme savoir faire.

La terre en préparation. cn0317n Le four à cuire les poteries. cn0318n Le résultat final. cn0319n

Le permis de conduire


          Au retour de la médina, Bernard et Claude montent dans un petit taxi dont le conducteur est tout excité. Il vient de se faire retirer son permis de conduire pour une pécadille. Il lui faut alors ruser avec la maréchaussée pour le retrouver. Sinon, il perd son job.
          En fait, paraît-il que les flics se font arroser copieusement de bels et beaux billets en «rançonnant» les chauffeurs de taxi.

          Quand nous partirons, demain matin, lors du contrôle des taxis sur la place de la gare, ce conducteur nous reconnaîtra dans le 4x4 et brandira son papier rose en notre direction. Nous nous ferons les signes de reconnaissance d'usage et il disparaîtra dans le flot des voitures.
          Pendant ce temps, nous roulons vers le sud de la ville : la route de Marrakech, notre prochaine étape.

          Autres images de Fès et sa région

Départ pour Marrakech

          La route sera longue, aujourd'hui. Il y a environ 500 km de Fès à la perle du Sud. La route est de bonne qualité. Mais la circulation peut être dense et donc peu rapide. Il y en a au moins pour 7 à 8 heures. Et nous n'oublions pas l'adage : en vacance, roule assez vite pour être sûr de rentrer chez toi entier. (Je viens de l'inventer. Mais, c'est une bonne devise).
          Si on roule bien, nous irons jusqu'aux cascades d'Ouzoud qui est à quelques km au sud de la route, dans la montagne.

Ifrane et les fôrets de cèdres

          Nous atteignons Ifrane sans encombres ... ou presque ! Je suis un autobus depuis un bon moment. Il avance au pas. Je n'arrive pas à le dépasser. Tout à coup, en pleine agglomération, la route devient droite comme un i. J'ai un km de visibilité, pas de circulation, pas d'aléas visibles. Alors, je dépasse.
          Cinq cents mètres plus loin, un homme en tenue grise me fait un signe. Il me demande de m'arrêter. M..., les flics ! « - Vous avez dépassé sur une ligne continue ! » Après mille excuses, il me laisse repartir sans contredanse. Merci, Monsieur le gendarme.
          Nous arrivons un peu plus tard à Ifrane. Cette ville est donnée pour la petite suisse du Maroc. En effet, c'est d'une propreté et une verdure helvétique. A un carrefour, nous rencontrons une indication : Souce Vittel . Cela mérite naturellement la photo !

          Oui, mais, pour autant, est-ce que cela méritait de se tromper de route ?

La source Vittel. cn0321n

          Nous quittons donc Ifrane, gaiement !
          Puis, j'ai l'impression que la route est plus étroite, que la circulation est moins dense, que le soleil qui, compte tenu de l'heure devrait être franchement à gauche arrive en face de nous.
          Le doute s'installe. Je m'arrête. Un arrêt pipi fait toujours plaisir à quelqu'un ! Je regarde la carte. Effectivement, nous entrons dans la montage. Nous sommes sur la route de Boulemane, donc bien trop à l'est.
          Il faut faire demi-tour.

          Mais, au lieu de rattraper la route prévue, nous décidons de profiter de l'erreur pour nous perdre dans les forêts de cèdres signalées sur la carte.
          Voilà un exemple de ce que nous avons rencontré : une place de battage avec des ânes et des mulets et des cèdres, tous plus beaux les uns que les autres.

La place de battage. c148134 Des cèdres. c148164
          Le temps du casse-croûte arrive. Nous choisissons une magnifique clairière dans la forêt.

          Une souche et un tronc nous tendent les bras pour installer le bivouac. Nous perdrons ainsi une grosse heure à respirer les bonnes senteurs des arbres et sentir le calme de la forêt.

          Remarque : la macadam de la chaussée est presque tout neuf : un an ou deux, pas plus. Pourtant, dans les zones accidentées, les cascades hivernales ont creusé des ornières énormes ou construit des remblais trop épais pour passer avec une voiture normale. Cette nature si paisible pour les touristes qui visitent aux meilleurs moments, peut devenir un enfer pour ceux qui passent toute l'année ici.
Le premier pique-nique, dans les cèdres. c148234

Fin de la première partie du voyage, les étapes du Nord

          Nous quittons les étapes du nord avec déjà plein de choses dans les yeux, des pêcheurs aux routes de la forêt de cèdres.
          Nous nous arrêterons à Khénifra pour boire un coup. Nous entrerons dans un café tout neuf. Il vient d'ouvrir. Il est tenu par un immigré revenu de France et qui rentre au pays.

          Il est trop tard pour les cascades d'Ouzoud. Il nous reste encore au moins 2 heures de route pour Marrakech. Il faut bien garder des objectifs en réserve pour le prochain raid !


 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 20/12/2010