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Vers l'Ouest, Tioute !


Depart vers l'Atlantique

Le potier de Skoura

          Après deux prolongations à l'Amazir, il faut bien un jour penser au départ. Nous allons doucement rejoindre l'Atlantique sans retraverser l'Atlas. Puis, nous remonterons le long de l'océan. Le voyage durera une huitaine de jours. Comme à l'habitude, personne ne nous attends nulle part. Nous irons au grès du vent.
          Le premier sentiment est de passer une nouvelle nuit à Ouarzazate.

          Nous allons donc à un train de sénateur vers l'objectif. La route jusqu'à Boumalne n'est pas drôle : du sable, du désert et on y passe pour la troisième fois en une semaine. Mais, passé Boumalne, nous redécouvrons le paysage.

          A l'approche de Skoura, nous sommes arrêtés par une poterie. Depuis qu'on passe par ici, nous ne nous étions jamais arrêtés. Nous n'avions pas remarqué que ce magasin était une vrair poterie, avec un vrai potier qui fabrique ses produits et les vend sur à même le lieu de fabrication.

          Nous passons une petite heure à le voir travailler, à admirer son adresse et la vétusté de ses moyens : le four ressemble à une vieille termitière aficaine. Et pourtant ! Encore une preuve que le savoir faire est dans l'homme et pas dans les machines qu'il construit, aussi perfectionnées soient-elles.
Le potier de Skoura. c15105n

Halte à Ouarzazate

          Nous arrivons bien avant midi à Ouarzazate. Nous faisons alors immédiatement quelques courses : chez le marchand de souvenir et au super-marché juste à côté.

          Après conciliabule, nous décidons d'aller le plus loin possible vers Agadir dès aujourd'hui. Au même titre que Marrakech, Ouarzazate peut être une destination facile depuis la France. Gardons alors de la visite sous le pied.
          Notre visite au super marché consiste en ravitaillement pour ce midi : melons, pastèques, etc.
          Nous mangerons sur le bord de la route. Je pense alors à une toute petite oasis, à quelques dizaines de km. Mais, autant les palmiers sont magnifiques depuis la route, autant, vu sur pied, ils trônes dans un marigot infâme. Tant pis ! Nous mangerons ici.

          Tazenakht sera traversé aussi sans arrêt. Tant pis pour les tapis et notre ami. Claude a fait son emplette à Tinerhir. Nous n'avons plus de raison pour visiter les boutiques.
Le super-marché de Ouarzazate. c15115n

La palmeraie de Tioute

          Nous rejoinions Taliouine, au pied du Toubkal, la plus haute montagne de l'Afrique du Nord. Là, nous prenons le temps de boire un coup en ville. Nous roulons depuis ce matin. S'il est vrai que cette route est monotone, il convient de prévoir une halte pour cette nuit. Compte tenu de l'heure, Taroudant n'est plus loin.
          Marie, qui ne se sépare jamais de son Routard nous trouve une auberge pour la nuit : l'auberge Tigmmi, à Tioute. Un coup de téléphone pour confirmer et le tour est joué.

          Spectacle difficile à intégrer pour nous, Français : commet se faire une idée de la maison dans laquelle on entre. Voici l'hôtel vu depuis la route : une petite bâtisse carrée close par une énorme et lourde porte en bois clouté comme dans les chateaux-forts. Quelques fenêtres de la taille de meurtrières pour égayer le tout ... Puis, quand on arrive dans la cour, cela devient une bâtisse proprette, avenante, bien baignée du soleil du soir (même si la photo a été prise le lendemain matin, au départ !). Tout n'est que calme et sérénité. Les hôtes les plus bruyants sont les dizaines de tortues qui nichent dans les jardins. Attention aux enfants : qu'ils ne marchent pas dessus !

          C'est le maître des lieux qui nous reçoit. Il nous présente un peu son établissement et la palmeraie qui l'entoure. Il nous propose de visiter ce joyau avant le diner. Un gamin peut nous accompagner pour mieux profiter de la promenade.

L'auberge Tigmmi à Tioute : extérieur. c15219n L'auberge Tigmmi à Tioute : intérieur. c15222n

          Nous traversons donc le village vers la palmeraie. C'est l'heure où les habitants commencent à sortir pour les rencontres habituelles du soir, à la fraîche. Le gamin qui nous accompagne nous baratine mieux qu'un vrai guide. Il connait tout sur son village, il est rusé et plein d'humour.
          La première vision est «le scandale» de la ville : un immense mur de béton a été construit au dessus de la médina pour abriter un hôtel moderne. Cette construction mérite autant de considération que le pont des gorges du Todra : c'est horrible d'avoir dénaturé ainsi un site si pitoresque. J'ai vu depuis, sur Internet que, depuis là-haut, on a une vue extraordinaire sur l'Atlas et le Toubkal. Nous aurions dû y monter.
          Nous allons faire à pied un petit circuit dans les champs, sous les palmiers. Le gamin ne tarit pas d'anecdotes, de discours fort intéressants. Ils nous posent une question : « - Avez-vous déjà vu un palmier à citrons ?» Bien sur que non ! Pourtant, quelques pas plus tard, il nous présente son «palmier à six troncs», heureux de sa farce.

          La visite de la palmeraie est instructive à plusieurs titres :
- Voir les jardins et les cultures sous les grands arbres, comme partout dans le pays. Mais ici, c'est facile d'accès.
- Visiter les systèmes d'irrigation sophistiqués : deux grands bassins retiennent des centaines de mètres cubes d'eau qui sont distribués dans des rigoles en béton.
- Le soir, la fraîcheur de l'air sous les grands arbres est réconfortante.

La palmeraie de Tioute, côté massacre. c15136n La palmeraie de Tioute, côté sélect. c15206n

Conclusions

          La traversée du Maroc d'est en ouest devait durer deux ou trois jours. En fait, nous aurons fait le chemin en une seule journée. Cela nous laissera d'autant plus de temps pour la remontée vers Tanger.

          Malgré la rapidité de l'étape, nous aurons profité de la halte à la palmeraie. Deux regrets, toutefois :
- nous n'avons pas acheté assez de produits à la boutique de l'argan, spécialité du village de Tioute ;
- nous n'avons pas vu la montagne depuis la citadelle. J'ai vu une image sur Internet : c'est grandiose.

          Demain, nous entrons dans un nouvel espace : la bordure océanique du Maroc. Maintenant, nous aurons de l'eau partout. Le désert s'efface pour des paysages «plus européens».






 
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  Dernière modification : 20/12/2010