Vous êtes ici : Site perso de Michel MAGNIER > Album de voyage > Séjour à 4 - 2005 > Le coeur du voyage : Tinerhir >

Tinerhir, le coeur du voyage


Le Todra, le Dadès, la vallée des roses, etc.

          Ce fut effectivement le coeur du voyage. Nous y avons passé en fait 6 jours. Donc, cinq nuitées.

          Nous sommes arrivés en milieu d'après midi. Tinerhir n'est pas loin de Ouarzazate : 170 km, mais, il faut compter avec la vitesse moyenne. Car, même si on ne va pas vite, Bernard s'est fait prendre à 70 km/h dans une zone à 50 km/h ! La route est droite comme un i. Elle est large comme une autoroute. Mais, il y a des maisons ! Et surtout, il y a un panneau de limitation de vitesse ... et des gendarmes !
          Et les gendarmes qui n'ont pas de moyens énormes, ils n'ont pas de radars automatiques, comme chez-nous. Non ! Ils ont des ersatz de caméscopes : ça a la couleur du camescope. Ca a la taille du camescope. Ca se met dans une poche ou une saccoche de moto comme le camescope. Ca s'utilise comme un camescope. Ca ne coûte même pas le prix d'un camescope. Mais, ce n'est pas un camescope : c'est un cinénomètre. Voire, c'est un radar. Et chacun a le sien. Ca c'est une idée qu'elle est bonne ! Pour qui ?

          Enfin, comme l'autre jour du côté d'Ifrane, en faisant comme si on était heureux d'être là, même avec des gendarmes de surcroit sympathiques, on s'en est tiré pour une simple remontrance. Alors que nous étions en pleine quinzaine de réprimandes nationales, nous sommes passés au travers des contre-danses. Ce ne fut pas le cas, notamment de deux jeunes pour qui l'amende de 40 euros a été un brise budget terrible !

La palmeraie de Tinerhir

          Nous traversons Tinerhir après une halte ravitaillement chez Michèle, la station épicerie et dépôt d'alcool incontournable quand on arrive ici et nous montons vers les gorges du Todra.
          Cette route est magnifique d'un bout à l'autre. Après avoir monté un peu, on arrive à un endroit où la route surplombe la palmeraie. Malgré les marchands de tours en dromadaires, nous nous arrêtons pour contempler le paysage. Et l'imanquable se produit : nous sommes assallis par les marchands de chameaux. Ils sont prévenus immédiatement que nous ne ferons pas de tour en bestiole et qu'ils n'auront pas un kopec.
          Cela ne les empêche pas de nous couvrir de faux vrais chechs bleus comme dans le désert. Ils nous proposent de nous faire une photo près du chameau. Ils m'ont même fait monter dessus. C'est toujours aussi mouvant !
          Après une bonne rigolade, nous les quittons ... sans un kopec. Ils font un peu la gueule : « - vous étiez prévenus ! » L'histoire amusera bien Omar et sa bande.
 c15001n
          Autres images de la palmeraie

L'hôtel Amazir

          Quelques minutes plus tard, nous arrivons à l'hôtel. Nous sommes heureux de nous retrouver dans ce lieu si sympa.

          Aziz nous pose la question qui tue : « - qu'est-ce que vous voulez manger ce soir ? » Je crois que c'est le seul et unique restaurant où nous faisons notre menu à l'avance avec autant de bonheur.
          Les chambres avec petit balcon nous ont été réservées.

          L'hôtel a changé depuis notre dernier passage : 5 chambres nouvelles ont été construites au-dessus du parking. Le gain est total sur deux plans : 10 nuitées potentielles pour l'hôtel et les voitures des clients sont garées à l'ombre.
          Nous faisons le tour du propriétaire. La terrasse est toujours là, avec la piscine qui est maintenant une vraie attraction. Elle fait vraiment gagner des nuitées.

          Autres images
L'hôtel Amazir, à Tinerhir. c15027n
L'hôtel et la carte des vins
          Les non musulmans, les Français en tête ont un problème dans les restaurants marocains : est-il possible de boire du vin pendant les repas ?
          Trois solutions coexistent :
- Non pur et simple : pas d'alcool. Point ! C'est le cas dans les restaurants qui servent essentiellement les autochtones.
- Oui , la carte des vins existe. C'est le cas des restaurants de complexes hoteliers touristiques, notamment.
- Non, mais si vous en apportez, vous pourrez le boire pendant votre repas.
          L'Amazir fait partie de la troisième catégorie. Comme nous connaissons la règle, nous avons prévu en faisant la halte dans l'épicierie Michèle, à l'entrée de la ville. Nous arrivons donc avec nos munitions. L'Amazir offre un service supplémentaire : Aziz prend soin de vos bouteilles si vous le lui demandez gentiment.

          Un soir, nous sommes à table. Bernard va chercher notre bouteille à la cuisine. Elle est en effet restée bien au frais toute la journée, aux bons soins d'Aziz. La dame de la table voisine nous aborde : « - Il est possible de boire un petit verre de vin ? - Naturellement, si vous en avez ! » La phrase n'était pas terminée que la brave dame courait à sa voiture à la recherche de son cru du jour.

Qu'est-ce qu'à de plus l'hôtel Amazir ?
          Tout et rien ! C'est selon. Un avantage pour certains sera un inconvénient pour d'autres. Voici une liste non exhaustive. Au lecteur de qualifier les points et d'accepter notre avis :
- c'est tout petit : 20 chambres seulement ;
- c'est un peu retiré des chemins touristiques : même s'il est implanté à 4 km des gorges du Todra, les grands hôtels ne sont pas ici ;
- ce n'est pas tout confort, mais il y a l'essentiel : un bon lit et des sanitaires propres, comme dit le patron du lieu ;
- il n'y a pas une foule immense (On a déjà vu beaucoup moins dans les gros porteurs de la ville) ;
- les petits déjeuners sont plutôt de type européens et très copieux ;
- les déjeuners : on ne connait pas ;
- les diners : c'est très bien cuisiné et copieux ;
- la terrasse et la piscine sont de tout confort (La salle de restaurant : c'est comme pour le déjeuner, on n'a jamais utilisé !) ;
- le clou : le personnel n'est pas du personnel : c'est des amis.
- des désavantages : il y en a très certainement. Mais, après plein de nuitées sur 4 ou 5 voyages, à part les moustiques suivant les saisons, on n'en a pas encore trouvé.
          J'ai rencontré des gens qui y sont passés : l'avis est unanime : dans la région, laissons les gros porteurs aux toutous et profitons des atouts proposés par l'équipe d'Omar !

Les gorges du Todra. cn0524n
          L'Amazir est situé à moins de 5 km de ce qui fut le site géographique le plus visité du Maroc.
          Mais, depuis que le macadam est arrivé dans les gorges, 80 % de l'intérêt touristique a disparu. Même les autochtones ont déserté ! Non pas parce qu'il y a du macadam. Mais, parce qu'un ... (mettez ce que vous voulez !) a décidé de construire un immonde pont là où un gué était si beau. Les gens du pays pouvaient bien supporter 3 jours de difficulté de passage par an s'ils gagnaient 362 jours de confort dans l'année !
          Ce site, si joli est vraiment devenu une tache. Mais, impératif de visiter. C'est resté grandiose. Et la route vers Tamtatouchte est une vraie réussite de modernisation.

          Autres images du Todra
L'Amazir, vu de l'intérieur. m0305n

Le circuit de la montagne

          Passez plusieurs jours de vacances ici, mais, pour quoi y faire ? En fait, nous sommes restés cinq jours. Nous avons visité cinq sites grandioses. Et il nous en reste encore vingt à visiter. Il y a plutôt l'embarra du choix.
          Notre première visite a été pour le tour en montagne. Deux possibilités se proposent :
- le petit tour : Todra - Tamtatouchte - Msemrir - Dadès - Retour par la route : une bonne journée avec un passage de col à 2800 mètres d'altitude.
- le grand tour : Todra - Tamtatouchte - Aït-Hani - Agoudal - Msemrir - Tamtatouchte - Todra : plus long et plus difficile, mais plus grandiose.
          Nous avons choisi le grand tour. J'ai un peu forcé pour cette option, mais, il ne faut pas le répéter !

Le marabout. cn0528n Tamtatouchte. m0306n

          Pour le grand circuit, il convient de partir tôt. Vers 8h est une bonne heure. Cela permet de traverser les gorges avec une lumière encore rasante, donc avec des paysages plus spectaculaires. Cela permet de donner du temps, car 70% de la route est de la piste.
          Après la traversée des gorges, le premier site est la marabout. La première fois que nous sommes passés ici, c'était encore la piste. Un petit arrêt était alors salutaire pour reposer des cahots du chemin. Aujourd'hui, un petit arrêt permet de goûter le site.
          Puis, on reprend la route vers Tamtatouchte. Au total, depuis les gorges, 12 km d'une route arride avec des cailloux. Peut-être aurons-nous croisé 2 ou 3 nomades sur les chemins dans la montagne. Puis, tout à coup : la verdure, la vie. Le village apparaît dans toute sa splendeur après un dos d'âne . Attention ici : pour ceux qui ont choisi le petit circuit, trouver la bonne route n'est pas facile à cause des gosses qui égarent les voitures dans des chemins imaginaires. Nous avons déjà croisé des touristes qui ont fait demi-tour pour ne pas avoir trouvé la bonne route sur de fausses indications.

          Nous poursuivons jusqu'à Ait-Hani. Il nous suffit de suivre le macadam ... qui s'arrête toujours à l'entrée du village. Puis, c'est une piste complètement défoncée pour traverser le village et aborder les premiers km du col, Tizi Tirherhouzine, à 2700 mètres d'altitude.
          La zone habitée offre l'un des plus beaux panorama de montage : habitat dispersé, cultures vivirières sur toutes surfaces arables. Dans la montée du col des gamins font semblant de boucher les trous de la piste pour gagner quelques roupies.
          Dès la descente du col, on retrouve les champs cultivés. A presque 2600 mètres, des champs de blé, grands comme des jardins suivent la route toute prête à recevoir le macadam. Si on attend encore un peu, ce beau ruban presque plat va se détériorer assez pour redevenir une piste.

«Alpages» dans le Tizi n Ouano. cn0533n Le désert de montagne. cn0534n

          Agoudal est la plus haute ville du Maroc. C'est un carrefour de pistes entre Imilchil, au nord, Tinerhir au sud et Msemrir à l'ouest. C'est ce qui explique la concentration humaine dans ce bout de désert.
          De passage ici, il ne faut pas oublier de s'arrêter boire un coup chez Ibrahim. Son auberge abreuve et nourrit les touristes de passage pour quelques Dirhams. L'endroit est très sympathique. Il sent bon une authenticité qu'on ne trouve plus sur les autoroutes touristiques.

          La montée du col Tizi n Ouano est tout à fait particulière : c'est un ruban vert sur une nappe de cailloux. Un torrent alimente des champs et des jardins et des pâtures broutées par de vraies vaches. Après les km de désert qui viennent d'être traversés et ceux qui nous attendent, c'est un vrai régal.
          Puis, bien après le col, la route rejoint les terres plates de la haute vallée du Dadès avec ses multitudes de champs de patates.

          Le retour se fait par le col à 2800 mètres de la petite boucle. Je voulais monter ce col d'ouest en est. La piste est complètement défoncée. Des innondations l'an passé on détruit complètement la montagne. Le Land Cruiser a presque du mal à passer, tellement le chemin a été labouré par les torrents.
          Nous distribuerons quelques habits à des nomades. Généralement, quand nous passons ici, nous montons avec des denrées fraîches, oranges ou autres fruits pour distribuer aux enfants que nous croisons. Ce n'est pas de la charité. Mais, le ravitaillement en denrées fraîches est un tel problème qu'une petite faveur ne peut pas faire de mal ni à eux ni à nous.

          Encore une journée bien remplie !

          Autres images de la montagne

Le haut de la vallée du Dadès. m0312n

La vallée des roses

          Depuis Tinerhir, la vallée des roses est un peu loin. Mais, somme toute, pas plus loins que de Ouarzazate. Nous sommes si bien à l'Amazir que cela ne se discute plus.
          Nous choisissons de passer par Boumalne de Dadès et la kasbah d'Ait Youl pour rejoindre Bou-Thrarar. Nous en profitons pour visiter le marché de Boumalne. A peine arrivé, nous sommes reconnu par un marchand ambulant avec qui nous avions déjeuné deux jours auparavent à Tinerhir. Il se propose de nous marchander les produits que nous souhaitons. Encore un pur produit de l'hospitalité marocaine : dès qu'on discute avec quelqu'un, celui-ci devient un ami.

          Puis, nous nous perdons dans les beautés des paysages de la vallée des roses. Nous allons rejoindre les petites gorges que nous connaissons déjà, en amont de Amesker.
          Que sont ces tas d'herbes le long des villages ? C'est «du bois de chauffage» ! Il n'y a pas d'arbres, ici. Et nous sommes en montagne. Alors, pendant toute la bonne saison, les femmes ramassent des buissons qui ressemblent à des genets pour remplir les réserves de combustible pour l'hiver.

          Dans le haut de la vallée, nous allons déjeuner sur la meilleure table du Maroc : nous sommes assis sur la margelle de la rigole d'irrigation qui déverse une eau magnifiquement tempérée pour rafraîchir nos petits pieds sensibles et nos melons. Les doigts de pied en éventail et au frais. Le pied !

          Encore une journée où on a fait fonctionner à plein le plaisir des yeux.

          J'oubliais un évènement primordial : Bernard et Marie sont allés à la maraude au laurier. Dans les champs de lauriers, ils ont choisi des replants pour nos jardins. Deux embarras de plus à soigner dans le coffre du 4x4 : bien tenir au frais. Ne pas renverser la bouteille qui tient la motte de terre humide, etc, etc. Ca, c'est de la vraie contrebande ! (Messieurs les douaniers : nous avions seulement deux tout petits replans de laurier... qui sont crevés depuis !)

Les buissons de chauffage dans le Haut-Atlas. c15014n La meilleure table de restaurant du Maroc ! c15020n

          Autres images de la vallée des roses


La vallée du Dades

          Encore un haut lieu de plaisir des yeux. De Ait-Youl aux gorges du dadès, des dizaines de kilomètres plus beaux les uns que les autres.
          Pendant longtemps, cette vallée était interdite aux touristes pour une raison drôle : après Ait-Youl, les longs véhicules n'avaient plus un seul endroit pour retourner ! Maintenant, cela a un peu changé : des grandes places ont été aménagées et onpeu monter plus haut, depuis que le défilé est en macadam (depuis après 1998)

          Nous déjeunons à l'auberge du Dadès, un peu avavt le défilé. Nous en profitons pour revoir Mohamed, le guide. C'est lui qui nous avait reconnu quand nous traversions doucement une flaque d'eau pour ne pas l'éclabousser, lui et ses clientes, il y a deux ans. Son fils d'une dizaine d'année a tellement bien travaillé à l'école qu'il a eu un cadeau magnifique : on lui a offert un vélo. Malheureusement, il s'est empressé de tomber et de se casser la clavicule. Alors, il passe deux mois avec le bras prisonnier dans des attelles en bois ??? C'est à l'étranger qu'on voit comme c'est beau la Sécu !

          Nous monterons jusqu'à notre petit marchand de tapis, qui n'est pas là. C'est son frère qui tient la boutique pendant qu'il est à la ville. Son petit restaurant prend de l'allure : le bâtiment est terminé. Il n'y a plus que l'aménagement interieur à terminer. Cela devrait avoir de la gueule.

          Autres images du Dadès

Sculptures du folklore local. cn0607n Les rochers en main de singe. cn0608n

Conclusions

          Voilà le principal de nos découvertes dans la région. Mais, nous sommes bien loin d'être au bout de nos peines. Nous n'avons visité que le côté Haut-Atlas de la vallée. Il reste à découvrir le côté sud : les contre-forts de l'Anti-Atlas avec le Saghro, les mines. Les dunes de Mergouza sont à une centaine de km d'ici. La palmeraie qui longe le ruisseau reste à parcourir, etc, etc.

          Nous avons aussi profité du calme de l'étape pour nous croire en vacances, comme au bord de la plage. Ne rien faire, c'est aussi plaisant, de temps en temps. Nous aurions pu aller nous détendre les pieds dans l'eau des gorges.
          Morale de l'histoire : passer une semaine complète à l'Amazir n'est pas une gageure. Cela doit être un très bon moment de repos. C'est à creuser pour une idée de vacances d'hiver.


          En attendant de revenir déposer nos valises ici, merci encore à toute l'équipe de l'hôtel. Et à bientôt. Et, c'est promis, si nous revenons en voiture depuis la France, nous ne viendrons pas avec une bouteille de Champagne, mais avec un carton de bouteilles de Champagne.
          Et quelques habits pour les enfants.



          Note : toutous : touristes quidams simples consommateurs de ce qu'ils pourraient trouver en bas de chez eux et qui ne recherchent même pas à vivre un peu intensément en vacance, notamment à l'étranger.
 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 20/12/2010