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Réflexions - Informations


Quelques-unes de nos idées sur le Maroc


          Il y a deux façons de visiter le Maroc.

          La première consiste à acheter un séjour dans un palace d'Agadir ou d'une autre station touristique pure et dure et de faire le Maroc en se battant dès 6 h du matin pour obtenir la meilleure place au bord de la piscine du palace dans lequel on est descendu. Eventuellement, on fera une excursion vers un site où un Berbère pure race, né en banlieue parisienne, fera goûter le whisky berbère de derrière les fagots du super marché.

          La seconde consiste à sortir des sentiers touristiques et de cotoyer au maximum les autochtones.

          Si, lors de notre premier séjour, nous étions plutôt de la première catégorie, nous y sommes revenus plutôt dans la seconde. Et plus nous parcourons les routes ou les pistes du Maroc, plus nous avons envie de tendre vers la seconde.

De la photographie

          Lors de nos tentatives de contact, nous n'avons jamais été mal accueilli. Pourtant, j'ai toujours autour du coup un appareil photo de taille respectable. A tel point qu'il m'a fallut me défendre un jour à Marrakech auprès d'un petit groupe de jeunes gens qui ne pouvaient pas croire que je ne travaillais pas pour un journal.

          Mais, en fait, cet engin est une très bonne entrée en matière. S'il est très facile de «voler une photo», c'est à dire de la prendre sans l'avis du sujet, il est très enrichissant de chercher son consentement. La palabre dure quelquefois une demi-heure ou plus, mais, les résultats sont impressionnant : un contact fort et des photos différentes.

          Si la crainte de l'image fait fuir les gens dans un premier temps, cela devient un attrait fort. Si, en plus, on peut donner le résultat au sujet un peu plus tard, alors là, les barrières tombent. Même si, malgré tout, il est difficile de retrouver les modèles un an après.
          Quand j'ai réussi à le faire, j'ai vraiment fait des heureux. Dans d'autres cas, je regrette de ne pas avoir retrouvé les personnes, comme la jeune fille qui a accepté que je photographie ses mains tatouées au hénné, dans une gallerie marchande d'Agadir. Le dessin est particulier et assez rare.
          Quand nous sommes repassés, l'année suivante, le magasin était fermé. Plus personne ne la connaissait

  Mais tatouée au hénné.

Contact fort : l'échange de l'eau

          Une des relations les plus intenses avec des gens de là-bas.

          Quelque part, sur la route d'Erachidia, nous appercevons des femmes qui tirent de l'eau au puit. Nous nous approchons.
          Les femmes ont proposé de l'eau à mon épouse. Elles nous ont montré tout le travail qui est nécessaire pour en puiser quelques dizaines de litres, plusieurs fois par jour. Il faut la filtrer pour en enlever le sable en suspension. Les manoeuvres ne sont pas toujours aussi simple qu'il y paraît, surtout quand le petit bouge un peu trop dans le dos.
          Même si les ânes portent la charge des bidons, il faut faire les kilomètres, aller et retour, à pied, pour s'approvisionner.

          En échange, nous leur avons donné une bouteille d'eau minérale. Elles pouront boire une eau vraiment propre.

  Echange de l'eau.

De la sécurité ou de l'insécurité

          Nous rencontrons maintes personnes qui nous disent avoir peur d'aller dans un pays «pas comme le nôtre».
          Nous avons en effet rencontré des gens qui se sont fait prendre leur porte monnaie dans la médina de Fès.

          Mais, sauf à tenter le diable, nous n'avons jamais ressenti de problème quand à notre sécurité. Pourtant, nous sommes allés dans des endroits où nous n'avons pas rencontré un seul touriste ou un seul européen.
          Nous avons parcouru des dizaines de kilomètres dans les souks de Marrakech sans problème. Et pourtant, nous étions à plus de 50 mètres de la place Jemaa el Fna !


          Peut-être avons nous ressenti une certaine notion de rejet en 2003. C'était après l'attentat de Casablanca. Il y avait très peu de touristes. On ne sait dire si c'était de la méfiance ou de la représaille parce que les autres touristes n'étaient pas là, comme à l'habitude.

          Dans tous les cas, l'impression hors des zones touristiques est différente de celle des zones touristiques.

De la conduite automobile

          C'est exactement comme en France... Du moins pour la signalisation et le code de la route. Pour le reste ... Il faut faire attention à tout.

          Exemple : Casablanca est contourné par une voie rapide, 2 x 2, voire 2 x 3 voies. Sur cette voie, on rencontre des mobylettes, des voitures à cheval, des piétons qui traversent, ...

          Autre exemple : dans la pénombre du soir, on apperçoit une mobylette. Sans phare, naturellement. Il a donc déjà fallu la pressentir. Puis, il semble qu'il faille la croiser d'assez loin. Pourquoi ? Tout simplement parce que le porte bagages est occupé par un passager ... qui porte son vélo en travers des épaules !

          Dans tous les cas, la règle est très simple : nous sommes en vacance, donc pas pressés. Alors, prenons notre temps. Une moyenne de 50 km par heure est presque déjà rapide, hors des très grands axes sur lesquels on peu atteindre 70 à 80 km/h de moyenne. De Marrakech à Essaouira, il y a environ 175 km. Compter 2h 30 minimum pour faire le voyage. A cette vitesse, on a le temps de voir le paysage. Même s'il est monotone, il y a toujours un petit truc à observer.

          Le plus dangereux est de croiser un troupeau de dromadaires sauvages. Si cela tape, cela fait très mal au niveau du pare-brise ... et à ce qu'il y a derrière !

          Dans les étapes de piste, la première règle à respecter est :
               - L'intrus, c'est nous.
          Nous n'avons aucune raison de gêner les autochtones par quelque fait que ce soit.
          Ce n'est pas des imbéciles installés confortablement dans une auto climatisée qui avance toute seule qui vont prendre la priorité sur un paysan qui rentre du souk de la vallée avec son âne surchargé et qui grimpe depuis deux ou trois heures sous un soleil de plomb une pente à 20 % en moyenne.

          Donc, faisons tout pour ne déranger personne ! Pour le moins, tendons vers cela. Par exemple, si on voit que le point de croisement n'est pas assez large pour deux : arrêtons nous là où la place est suffisante pour EUX. Attention aussi de ne pas effaroucher les bêtes : pas de coup d'accélérateur intempestif lors de croisement ou de dépassement. Naturellement, pas de coup d'avertisseur non plus.

          Nous avons parcouru près de 10 000 km , dont plus de 2000 sur piste, sans le moindre incident.

Des gamins qui réclament des Dirhams

          Lors de notre premier voyage, le guide nous a dit : «- Les Marocains ne sont pas un peuple de mendiants. Quand vous êtes seuls, vous faites ce que vous voulez. Mais, quand vous êtes avec moi, je ne veux voir personne donner un sou à un gosse.»

          Depuis, nous appliquons ce précepte. Il faut quelquefois se gendarmer. Exemple : à « - Donne-moi un Dirham » , je réponds : « - Dis d'abord bonjour. Après, on verra ! »

          En revanche, je trouve tout à fait normal de rémunérer un troc : une photo contre un tee-short ou une pièce. La relation est différente.


Du Guide du Routard

          C'est le compagnon indispensable du voyage. Tout y est.

Les informations sont de très bonne qualité. Quoi que, lors du dernier voyage, nous avons trouvé plusieurs adresses pour lesquelles les commentaires étaient gentils !

Quelquefois, les plans sont faux. Exemple, en 2000, nous sommes allés à la Villa Majorelle à pied depuis la Médina de Marrakech. L'indication du plan était fausse. Je ne sais si depuis la correction a été faite.

          Mais : « Comme dit ma femme : Le Routard, y que ca de vrai !» (A lire avec l'accent de Colombo !). Même au plus profond du bled.




 
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  Dernière modification : 20/12/2010